ahmedzitouni
Musique :

Etre arabe en France, c’est…

Je laisse à tous les James Baldwin en germination douloureuse de ce pays le soin de parvenir à la maturité de colère qui leur permettra de compléter la citation à leur façon : en trouvant les mots et les formules pour le dire.

Le courage d’élaborer la substance qui saura exprimer leur état d’humanité niée, stigmatisée en discours pousse au crime…

Le souci de chercher et de construire matière à dénoncer leur condition et redresser leurs dignités malmenées. Par les mots d’abord. Les leurs, gonflés de leurs revendications tues par les mots des autres…

La volonté de conquérir son « verbe » confisqué, dénaturé, assassiné, puis de le ressusciter, de l’affranchir en l’authentifiant, le sortir de sa terrible condition de « bâillon sonore », de premier outil d’aliénation…

La force de refuser les mots camisoles. Ceux qui étouffent et condamnent à l’impuissance. Ces mots qui nous maintiennent en prison à ciel ouvert. Ce système carcéral de la pensée.

L’exigence de se débarrasser de ces concepts vides et rassurants, servis en platées lexicales dans les discours et aux informations d’avant sommeil.
Ces larves de vocabulaire indécent se délectant de notre part d’humanité offensée.
Ces mots qu’on mâchonne à n’en plus finir en croyant nommer une réalité alors qu’on ne fait que contribuer à la travestir.
Ces mots constipés fabriqués à notre usage. Un rata de domestication et de destruction, légitimé pourtant par nos bouches. Un cimetière à ciel ouvert sur lequel nous meulons à vide. Que des cadavres de dictionnaires d’oppression au sale goût de menottes :
Abstractions creuses.
Métaphores stériles.
Concepts fantômes.
Que du vent.
Le grand vent du déni de soi à travers les mots des autres.
Des mots pour ne rien dire. Ne rien voir. Ne rien entendre. Cadenasser nos perceptions. Taire la souffrance d’un invivable quotidien d’exclusion, d’ostracisme et de racisme. Des mots barbelés pour tenir à distance l’impuissance et la frustration, la honte et la haine de soi. Des mots de la même veine morte que ces « quartiers », « cités » et « banlieues » ressassés en boucle dans des journaux de désinformation.
Des mots ?...
La plus insidieuse des colonisations mentales.
L’oppression sémantique dans sa cruauté première.
Des mots qui tuent l’espoir et, paradoxalement, privent de parole. Ces mots qui confinent en violence et en mutisme. Ces mots dispensés pour ôter toute velléité de tutoyer l’indicible, frôler l’émotion, grimacer en lignes ou en larmes un peu de sa saveur, une part de sa différence.
Des mots ?...
Des balles anesthésiantes à usage de « racaille ».
Un ersatz de grain à moudre dans le vide, pour s’écouter barjaquer stérile, en attendant de recevoir la leçon.
Le sel de l’aliénation.

La douloureuse capacité autodidacte de l’éveil de la conscience en se réappropriant ses mots, la sève et le levain de son humanité en devenir…

C’est ce que j’ai essayé de faire à ma manière.
Avec ma colère sans cesse questionnée.
Avec mes mots décolonisés.
Avec mon style affranchi.
Avec l’écriture de mon humanité singulière.
Une musique.
Une toute petite musique.
Atypique.
Hybride.
Fondue dans la grande clameur des piétinés exigeant justice.
Que du mot déroulé en grandiloquence et en humilité.
En écrivain.

Un site ?
Pour dire qui je suis
Pourquoi ?
Pour expliquer le sens d’une démarche
Dans quel(s) but(s) ?
Pour énoncer ce que j’en attends

Un site ? fleche

Qui tu es, toi ?

Je suis écrivain. D’abord, et avant tout, écrivain. Singulier et universel. Solitaire et solidaire. Rien et tout à la fois. Pas grand-chose. Un homme de plume. Rien qu’un homme debout, la lucidité à vif, la conscience en éveil, la dignité plus que jamais susceptible.
Mon terrain d’exercice : le territoire des mots, ces revolvers qu’on dit chargés (à blanc ?).

A l’origine, rien ne me prédestinait à ce statut qui n’en est pas un. Rien, si ce n’est la colère. Cette fille de l’injustice, cette grande brutale, cette souillon de violence, ce soulèvement de l’âme blessée qui n’abdique pas, qui revendique la part d’humain en soi face à son inhumaine négation.

Comme nombre de violentés de l’Histoire, j’ai eu la chance de naître déjà en colère, mutiné existentiel en devenir. Et, face au « désert qui croît », je finirai probablement en colère. Submergé d’indignation jusqu’au dernier souffle. Fier des combats livrés et des cicatrices héritées : que des livres, pour ce qui me concerne. Rien que des livres. La plus pacifique des protestations.

Je suis devenu écrivain par colère et par nécessité. Parce qu’il a bien fallu traverser un sale temps de misère, de « nuit coloniale », de guerre, d’exil, d’humiliation, de racisme, l’écriture en exutoire de rage et en faire-valoir de dignité conquise. Pour ne pas succomber au « devoir de violence » en réponse à un monde absurde, cruel et injuste. Pour continuer de résister en homme, revenir au verbe, à sa magie, à son alchimie. Pour convertir la violence subie, en mots et en phrases. Lui donner sens et lui trouver réponse. En m’efforçant de ne pas faillir en monstre. En me grandissant en artiste. En domptant le réflexe de violence en création prenant son temps, en prise de conscience exigeante. En transcrivant la rage sociale en écriture et en harmonie de soulèvement. En préméditant des textes nourris aux fleurs de barricades. En transformant le sang des baïonnettes intérieures en encre subversive, témoignant dans le sillage du stylo à l’œuvre.

C’est en revenant sans cesse sur l’ouvrage, que j’ai appris qu’on ne devient pas écrivain, mais qu’on se forge écrivain, qu’on s’impose écrivain. Dans la douleur de la création. Dans l’adversité de l’incompréhension. D’abord en s’évadant de la mainmise de la langue des maîtres, apprise à la dure, pour exécuter des ordres, rester à sa place, se taire ou hurler sans écho en retour. En inventant SA langue, ensuite. En donnant vie à SON monde, enfin.

C’est un ainsi que, de livre en livre, je suis devenu suborneur et voleur de langue, receleur indélicat d’un « butin de guerre », inventeur d’un style et d’un ton, créateur d’une musique mienne : écrivain, à ma manière. Toujours en colère. Toujours en révolte. Pour sortir d’aliénation. M’affranchir. Renaître à l’estime de moi-même à travers la conquête de mon humanité mise en équations littéraires : ma singularité subversive déroulée en majesté.

Et qu’importe s’il m’est arrivé ici ou là, dans un livre ou un autre, face à une sentence approximative d’éditeur ou une formule imbécile de salarié de publicité s’imaginant critique littéraire, de protester en exécutant d’une phrase (à peine assassine), d’un belle formule, d’un revers de ces mots qu’on dit d’esprit, un de ceux qu’on brûle d’étrangler. Une de ces « bonnes consciences ». Une de ces « belles âmes » qui sont le monde. Qui font le monde. En occultant sous leur paternalisme et leur mépris sa part vive : sa « vraie vie » : une marée de civilisation en colère.
Qu’importe !
Je reste un écrivain.

Ecrivain par la force des choses. Par dérisoire et légitime défense. Par élémentaire souci d’exister. Unique. A peine reconnu, mais reconnaissable.

Parce que, malgré les épreuves endurées, malgré les indignations accumulées, malgré l’indifférence et les dénis des « assis », il y a toujours eu le secours des mots pour aider à se redresser en dignité. La puissance du verbe à apprivoiser pour ne pas succomber à la tentation de la barbarie en réponse à d’autres barbaries. La volonté de rechercher sens et réconfort par l’écriture, même si ce fut souvent éprouvant et épuisant. A chaque fois touché, a chaque fois blessé, sonné mais toujours debout. En homme. En dérisoire part d’humanité, grosse de toutes les humanités malmenées.
Une minorité suppurant de toutes les minorités demandant réparation.
Un écrivain, quoi !

Etre écrivain aujourd’hui, et le rester, c’est d’abord avoir une conscience aiguë du rôle et de la mission qu’on s’est assignés, sans demander permission ou autorisation à quiconque. Refuser de cautionner par sa participation l’anémie culturelle qui s’installe progressivement. N’en être ni l’objet ni le faire-valoir. Ne pas s’inscrire dans un carcan, une « collection », un segment de vitrine programmé par l’industrie du livre. C’est être « suicidaire »… comme ils disent. Ecrire au singulier, comme si chaque ligne arrachée de sa chair était la dernière. Ecrire en monstre. Avec l’amère conscience de n’être qu’un monstre, le réfractaire produit d’un système anthropophage. De se revendiquer tributaire et responsable de ses créations. Monstrueux produit d’une société monstrueuse, mais persistant quand même en humanité vigilante.

Etre écrivain, à mes yeux, c’est écrire ce que me dicte ma conscience. Comme moi seul je l’entends. Reclus dans ma vocation, écrire encore, au scalpel et au pinceau, en sourires et en déflagrations, au plus près du pus de la plaie : là où palpite le cœur des mystifications arrogantes. Déchirer la conspiration de la ouate organisée par l’actuel système de l’édition. Ecrire toujours. Pour un seul lecteur, s’il le faut. Sans se conformer aux exigences de quiconque. Riche d’une infinité de colères partagées. Toujours à l’écart. Jamais à l’étroit. Hors normes. Hors modes. En rupture de géographies, d’appartenance ou d’exil, qu’importe ! En rébellion permanente. Déjouant les attentes des éditeurs et les étiquettes de la « criticature ». Evitant les déterminismes vers lesquels je me sais sournoisement, insidieusement orienté, déjà assigné, mais jamais emprisonné. En quête de no man’s land où ne pas m’établir. Entre JE et NOUS. Dans un impossible chez-moi.

Et c’est ainsi, à la lumière de ce qui précède, dans ce contexte, dans cette mise à mort programmée du livre par ceux-là mêmes qui en font commerce, que je me clame, me revendique écrivain. Le dernier, s’il le faut. Soutier indépendant de l’encrier. Désormais sans fers éditoriaux. Nomadisant à mon rythme. Butinant le miel pervers qui a fini par devenir la sève de mes livres. Fréquentant les mots voyous et les alarmes glacées des écrivains ayant su les mettre en beauté. Gagnant mes galons d’atypique, d’inclassable, à la sueur de mes mots badigeonnés à la nitroglycérine des colères exigeant écho.
Algérien ?...
Français ?...
Franco-algérien ?...
Algéro-français ?...
Emigré ?....
Immigré ?...
Maghrébin d’expression française ?...
Francophone ?...
Réfugié linguistique ?...
Apatride culturel ?...
Citoyen de l’abîme ?...
Mon cul !
Rien et tout à la fois.
« UNE NATION OU PERSONNE ».
Un écrivain !

Un site, pourquoi ? fleche

Le sens d’une démarche :

Par fidélité à ce qui précède. Et, profitant de l’opportunité de ce support, continuer à honorer le devoir éthique de ce qu’il énonce.

Pour continuer d’écrire ce qui me plaît, ce qui me tue, ce que je dois, sans passer par les fourches caudines de ceux qui légitiment et impriment, plus préoccupés par la lecture de comptes d’exploitation (à tous les sens du terme), que par la lecture ( ?) de livres passant par leurs mains, se contentant de les fourguer avant avis à des « lecteurs » payés à la pièce, à la tâche, à la hâte.

Pour persister en créateur, et non dépérir en « content provider », abdiquer en fournisseur de contenu à la demande.

Pour ne pas faire dans « la martyrologie » saignante, « l’indigénisme », « l’exotisme », « le folklore » et autres assignations en sous-humanité dans lesquelles se sont perdus, et jamais relevés, nombre de mes presque semblables : Oncles Tom new-look et Arabes de service relookés. Mes faux frères. Ma vraie douleur.

Pour que me lise qui veut.

Pour qu’entre dans mon univers qui veut s’en donner la peine, prendre le temps de faire connaissance.

Pour rester plus que jamais écrivain. Ni graphomane. Ni écrivant. Ecrivain tout simplement, dans un monde où l’industrie de l’édition et ses réseaux d’amplification commerciale (journaux, radios, télés, etc.) sont devenus les fossoyeurs de l’idée même que je me fais de la littérature, de l’écriture, et à terme du livre.

Parce que le petit monde « intellocrate », qui fait et défait les livres, n’en finit plus de se rétrécir en autisme revendiqué, en soporifique fabrique du « vide » avec du « rien ».

Parce que la censure, le cynisme, le mépris et l’arrogance n’ont jamais été aussi efficaces dans la mutation des mentalités et la mutilation des consciences. Sauf que, aujourd’hui, on n’interdit plus les livres, on ne brûle plus les livres. A quoi bon d’inutiles censures, quand il est plus simple de noyer les écrits dérangeants dans la masse des publications. Les étouffer à petit feu. Dans le silence et la passivité digestive de la consommation de masse.

Parce que je me veux voyant et clairvoyant dans un monde où, à moins d’être aveugle, il est impossible de ne pas constater que la littérature et la vie littéraire sont structurées et orientées par les seules lois du marché.

Parce que je ne peux me concevoir en bourricot supplémentaire dans l’écurie de je ne sais quel patron d’industrie reconverti –sûrement pas par amour des lettres- dans le commerce du livre (jusqu’à quand ce mot aura-t-il un sens ?).

Parce que je ne peux me résoudre à la fatalité de voir mon travail, mon pus de conscience et ma sueur d’encre, réduits à une vulgaire marchandise à durée de vie plus que limitée (est-il utile de préciser que, entre la mise sur le marché et l’envoi au pilon, l’agonie d’un livre n’excède pas trois mois), vite exhibée, vite inhumée, dans le tournis d’un commerce anthropophage, dans un marché aux vanités, dans une masse de platitudes interchangeables, où le contenu des livres a laissé place à la mise en scène et sur (petite) orbite de leurs auteurs.

Parce qu’un livre a besoin de lenteur gourmande, de temps pour trouver ses lecteurs (surtout pas des consommateurs). Parce qu’il est fruit de douleur créatrice, d’ouverture de consciences et de nouveaux champs de réflexion. Parce qu’il porte l’espérance de plaisir partagé dans la lecture. Parce qu’il appelle la rencontre, l’éblouissement, l’identification et la communion. Parce qu’il est unique. A la fois fou et moral. Canaille et distingué. Subversif. Irrévérencieux. Audacieux. Déluré. Blasphématoire. Précurseur et décalé. En un mot : immortel.

Parce qu’il ne rentre ni dans la logique, ni dans les criminelles rationalités économiques des exploitants d’éphémères notoriétés en livres enregistrés et réécrits, des « commerciaux », des « héritiers », ainsi que de tous les produits d’indécentes reproductions sociales, ceux-là mêmes qui se proclament sans vergogne « éditeurs », ces marchands de papier travaillant dans la commande et le formatage des modes et des prix de saison.

Parce qu’il m’est devenu intolérable, inadmissible, impensable de me retrouver de nouveau en commis aux (petits) bénéfices d’entreprise dans des fabriques de « best-sellers ».

Parce que le web est le seul support qui me reste pour échapper à la tyrannie de la « pensée unique » faisant son lit, pour continuer de me revendique auteur, artiste. Ecrivain résistant.

Pour le soulagement de ne plus sentir mes ouvrages rougir de honte dans des catalogues de mauvaise compagnie.

Pour ne plus compatir à leur détresse en les retrouvant dans « niches-alibis » de mauvaise conscience, exposés en erreurs de casting, en accidents industriels.

Parce que la littérature ne peut être réduite à une exigence de marketing, à un rayon de supermarché, à un produit de consommation courante fabriqué à la commande.

Parce que…

Parce que…

Y’en a marre !

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Qu'en attends-tu ?

Dans la florissante industrie du livre, il s’en publie un toutes les 3O secondes.
Inflation de « nouveautés »… tu parles !
Un million de titres édités par an, dont la plupart ne seront jamais commentés, ni traduits, ni réédités. Courtes. Très courtes ventes de lancement. Rotations infernales de livres bien ficelés, sans saveur, sans réel contenu, programmés, conçus et destinés à un public massif. De quoi se demander s’il ne se publie pas plus de livres qu’il ne s’en lit en réalité ?
Dans ce chaos de graphomanie universelle, même les « classiques » -techniques de marketing obligent !- sont « recyclés » et « toilettés », ce qui aboutit à enrayer la transmission d’une génération à la suivante.
Dans ce contexte, peu, très peu de rééditions.

Nul complot du silence. Nulle conspiration du « système » pour maintenir des livres dans l’oubli. Mais une logique marchande à l’œuvre. Contre laquelle je m’insurge à ma manière. En ressuscitant sur ce support mes livres réduits au silence par la loi du profit à court terme.
Plutôt que d’attendre un impossible bon vouloir d’éditeur ou de quémander d’illusoires rééditions, probablement vite étouffées dans l’uniformisation de masse, j’ai préféré exhumer mes livres des tombes éditoriales où il pourrissaient dans le silence et l’indifférence, après avoir été « épuisés »… à tous les sens du terme. Dire à leurs futurs lecteurs qu’il y a une vie littéraire après la mort économique, en les mettant progressivement sur le web, à portée de qui en voudra.

Reprendre mes droits sur mes créations, acte de dignité élémentaire pourtant, ne fut pas facile. Mais j’y suis parvenu. Des années à ferrailler contre l’ogre universel, à me « griller » selon la terminologie en cours dans les sphères de légitimation de l’écrit, à m’affranchir en fait. Et par là même affranchir mes livres de la tutelle des éditeurs successifs ayant participé à leur mise à mort. Les ressusciter en créations autonomes, vivantes et toujours arrogantes. Puis les mettre sur la toile. Leur donner le temps. Tout le temps pour retrouver leurs lecteurs. Pour les soustraire à l’oubli organisé. Les mettre à disposition de qui le souhaitera, à qui se donnera la peine d’aller à leur rencontre. Car je sais qu’il existe un profond désir de lire, d’autres pratiques de lecture, une attente d’ « autre chose » que ce qui se publie à grand renfort de publicité et de surexposition médiatique.

Dans l’univers littéraire, « bizarrement, l’écrivain est le maillon faible : alors que tous les autres acteurs de la chaîne commerciale (éditeurs, diffuseurs, libraires) réussissent à gagner leur vie avec le livre, l’écrivain est le seul à ne pas y parvenir. Et pourtant, tout repose sur lui..» (Bernard Lahire, in « La condition littéraire »)
N’ayant pas vocation à être « le maillon faible » de tel système ou de tel univers dits littéraires, en mettant en ligne mes livres (dans un premier temps), puis en les autoéditant sur papier (dans un second temps), je ne sais si je pourrais en vivre, mais je suis certain de ne pas continuer à en mourir.
J’attends donc de ce site qu’il soit une vitrine de contrebande où chacun aura tout loisir de choisir, apprécier, commenter, échanger ce que bon lui conviendra…
La chambre d’écho d’une écriture et des thèmes qu’elle porte, décrétés (à tort, à travers, et à tous les sens de la criticature et des pseudos spécialistes) marginaux, ethniques, périphériques, et que sais-je encore ?...
Une fenêtre ouverte sur la « vraie vie » grâce au pied de nez technique qu’est le web, ainsi qu’aux possibilités et aux espoirs qu’il permet…
Un lieu d’asile et d’échanges ouvert à la plus pacifique des armées de rêveurs et de créateurs, dont l’écriture est la vie même, son sens et son devenir, même s’ils en meurent à petit feu, à défaut d’en vivre…
Le maillon d’un réseau d’initiatives portées par des auteurs, des éditeurs (au sens noble du terme), des lecteurs, des traducteurs, des curieux… animés de la même passion di livre et de l’écrit et refusant leurs dérives mortifères, afin de donner sens et lustre à une littérature digne de ce nom…
Un lieu d’expressions plurielles dans un monde où elles n’en finissent pas de se rétrécir…
Un chemin de traverse(s) en réponse à l’autoroute de la pensée unique…
Un atelier d’artisanat du verbe, en langue tirée à l’industrie de l’imprimé…
Un parloir libre, espace d’échange et de communication…
La dernière échappée belle !

Ahmed Zitouni

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